J’ai toujours écrit.
Depuis que je suis enfant, les mots me suivent.
Ils s’invitent sans prévenir, s’accrochent à mes pensées, prennent de la place dans mes silences. Alors j’ai commencé à les poser quelque part, en secret.
J’écrivais la plupart du temps sur des feuilles volantes, qui terminaient dans la poubelle.
L’écrtiure à l’époque c’était mon refuge, mon espace, celui où tout pouvait exister sans jugement.
Pendant longtemps, personne n’a su que j’écrivais.
J’ai toujours écrit au sujet de l’amour. Des poèmes, des phrases laissées en suspens, des histoires que je n’osais pas raconter à voix haute.
Pourquoi à huit ans, une petite fille écrit sur l’amour ?
Peut-être parce je ressentais déjà trop, que j’observais, que je captais les silences, les regards, les absences. Que je comprenais sans qu’on m’explique vraiment.
Je n’avais pas les bons mots, mais je ressentais beaucoup.
Je sentais quand ça débordait, quand ça devienait trop, alors j’écrivais pour donner une forme à tout ça, pour ne pas garder à l’intérieur ce que j’étais incapable de verbaliser.
Ou peut-être…que j’écrivais pour me réparer.
Et si j’ai choisi de les jeter mes écrits, c’était une façon de protéger mon jardin secret, pour que personne n’y entre, pour que personne ne découvre mes pensées.
À quel moment suis-je sortie de l’ombre ?
C’était en 2015. J’écrivais des fanfictions et, pour la première fois, j’ai osé dévoiler mes écrits au monde… enfin, à ceux qui partageaient cet univers qui m’a, quelque part, sortie de ma coquille.
J’ai déposé mes textes sur des sites dédiés à la fanfiction. Et contre toute attente… j’ai été lue. Encouragée. Soutenue.
Mes mots, que je cachais depuis toujours, trouvaient enfin un écho.
Puis j’ai rencontré une personne. Une personne qui m’a poussée, qui a cru en moi peut-être avant même que je n’y croie moi-même. Une personne qui m’a donné envie d’aller plus loin. D’écrire autrement, d’écrire plus. D’oser.
Prendre la décision de s’éditer …c’est aussi prendre le risque de s’exposer au monde. Je me devais d’être prête…
Prête à être lue, à recevoir des messages bienveillants, mais aussi d’autres… moins sympa.
J’ai longtemps hésité et surtout je me suis demandé : suis-je assez solide pour ça ?
Le jour où tout a basculé :
C’est drôle la vie…On croit que l’on prend de bonnes décisions en étant fort, vaillant, lucide.
Moi, j’ai décidé de livrer mes écrits…au moment où j’étais vulnérable. Le moral à zéro, en train de me battre avec mes démons.
J’étais sûrement dans une phase où je me disais : je n’ai plus rien à perdre…
Alors j’ai osé.
J’ai repris une histoire que j’avais écrite, je l’ai remaniée, relue, envoyée en correction. J’ai créé ma cover, fait ma promo. Et un jour de juin 2022, mon premier roman est né.
Conclusion :
De mes cahiers secrets à ce premier roman publié, chaque mot que j’écris est un fragment de moi que j’ose enfin partager.
Il y a eu des doutes, des silences, des larmes…
Et pourtant, j’ai osé.
Si toi aussi tu n’oses pas encore…Si tu hésites, si tu nages dans tes doutes, si tu gardes tes histoires pour toi… sache que chaque mot posé est déjà un pas.
Oser écrire, c’est se donner le droit d’exister à travers ses mots.
Adèle K